Note de la fic : :noel: :noel: :noel:

Le siège d'Ophasia


Par : broly66
Genre : Fantastique
Statut : C'est compliqué



Chapitre 10 : Il me faut de l'eau! De l'eaaaaaaauuu!!!


Publié le 28/07/2010 à 15:05:07 par broly66

Salut
En plus de la réécriture et du chapitre d'intro, voilà le chapitre suivant
Voilà le topo: J'ai eu mon Bac, les inscriptions en fac sont finies, je suis en vacance, j'ai de nouveau internet et j'ai toujours besoin de mage, même si j'ai "validé" ceux qui m'ont été proposés
On a donc une illusionniste (Seinai), un destructeur/Médecin (Crazy, je choisirai son rôle en fonction de ce qu'on me proposeras) et un invocateur (le héro de la fic), il vas falloir un spé mysticisme (contrôle des âmes,dissipation de magie, malédiction combinable avec la magie de soin) etc...peut être combiné avec la destruction) un spé altération (télékynésis et boucliers magique en tout genre) un où des destructeurs (les trucs qui font mal) ou un mage de soins (malédiction, combinable avec le mysticisme + soins + fortifications)
Bref lisez le chapitre avant de faire votre perso, je pense que ça vous aideras
Bonne lecture

QUOI ENCORE ?
Ha c’est vous ?
Asseyez-vous, oui je suis sur les nerfs
Les Ophasiens ont lancé leurs troupes féériques dans la bataille, j’ai perdu beaucoup de démons dans l’affrontement, je comptais les garder pour plus tard, la citadelle grise ne tombera pas facilement


125 ans plus tôt

Tout est sombre
J’ouvre les yeux, je vois des silhouettes qui s’activent autour de moi, je sens de la magie agir sur moi et j’entends des sons, des bourdonnements, tout s’agite, tout se brouille, j’ai mal partout, mon monde est un univers de souffrance
Je ré-entrouvre les yeux, j’ai l’impression que ça n’a duré qu’une seconde mais les silhouettes sont parties, il n’en reste qu’une, toute petite, dès qu’elle m’aperçoit elle se met à émettre plusieurs sons aigus, je ne la comprends pas, la douleur me coupe de tout
De nouveau j’essaye de soulever mes paupières, j’ignore combien de temps ont passé, mon mal de ventre est quelque peu calmé, remplacé par l’horrible sensation qu’on me racle la gorge avec une épée, je parviens à murmurer un vague « soif » au prix d’un effort incroyable et à ma grande surprise je sens de l’eau couler dans ma bouche, puis dans mon gosier
La sensation désagréable apaisée, la fatigue revient et je m’endors de nouveau
De nouveau l’impression qu’on me charcute la gorge de l’intérieur, personne dans la pièce cette fois
Mes yeux parcourent l’espace, une chambre simple, une chaise, un lit, une cheminée, une table et un pichet en poterie sur ladite table
L’objet de tous mes désirs en ce moment
Difficilement, je rejette la couverture et me laisse tomber sur le sol
Je tremble de fièvre, mon ventre me fait souffrir le martyre et je n’ai pas la force de me relever
Je rampe misérablement sur le sol jusqu'à atteindre la table en gémissant
Lentement, oubliant ma douleur je me relève
L’opération a dû prendre 5-10 minutes au bas mot
M’appuyant pour ne pas tomber, j’avale le contenu du pichet
De l’eau fraîche
Je me fais de nouveau mal à la gorge en la réhydratant si vite
Peu importe
Je m’apprête à me recoucher quand je prends conscience de mon envie pressante
Je gémis
Mon corps ne me laissera pas en paix aujourd’hui
Dans ma chemise de nuit marron, je marche sur les lattes en bois
Malgré le feu mourant de la cheminée le froid agrippe mes pieds nus
Je passe devant la fenêtre de ma chambre et je découvre sans grande surprise que je me trouve dans la ville des montagnards que nous avons attaqués…je ne sais même pas il y a combien de temps
Reste à savoir qui a gagné
J’ouvre la porte, sans chercher à me faire discret, si on avait voulu me tuer je n’aurais pas autant envie de pisser en ce moment
Le couloir est vide
Je m’avance, chaque pas gagne en assurance sur le précédent, le froid me réveille petit à petit
A un moment je m’autorise même une pose pour étirer un minimum mes muscles
Je finis par croiser un garde, un gars de chez nous
Il reste interloqué en me voyant puis se ressaisit et court dans ma direction pour me soutenir
- Colonel, vous êtes vivant ! Vous ne devez pas sortir du lit ! Le médecin a dit…
- Ta gueule aide-moi à aller aux latrines, où qu’elles se trouvent, ensuite tu m’aideras à trouver des vêtements chauds, vous voulez ma mort à me laisser dans le froid comme ça ?
Il sourit et s’exécute
Dans l’armée nous avons un dicton « quand un officier blessé trouve la force de gueuler, c’est qu’il va bien »
Je sais qu’il y pense en ce moment
Nous croisons plusieurs gardes en chemin, tous sont étonnés, des ordres sont criés, plusieurs gars s’occupent d’aller me chercher des fringues, d’autres à manger

Une heure plus tard

Je me retrouve habillé dans des vêtements qui ont visiblement appartenu à un noble, la matière est très douce mais en même temps suffisamment chaude pour me protéger
En tout cas ça me va, bleu avec des finitions dorées
Mais ce qui me réconforte le plus, c’est l’énorme poulet juteux qui est actuellement en train de passer de mon assiette à mon ventre
Les quelques mages de mon armée m’ont ausculté pendant quelques minutes, ont lancé quelques sorts pour vaincre la fièvre, essayé de me persuader de rester au lit, donné une multitude de conseils puis m’ont laissé attaquer mon repas que je mange actuellement dans ma chambre sous l’œil attentif de Churt et de mon vice-colonel préféré
- Bon, expliquez-moi tout pendant que je mange, d’abord comment je me suis retrouvé là, puis je veux un rapport détaillé de tout ce qui s’est passé pendant que je dormais
C’est Churt qui prend la parole en premier
En gros après la mort de leur chef, les montagnards ont pris peur et ont commencé à battre en retraite
1 heure plus tard le combat était terminé
Pendant ce temps on m’a traîné en sûreté dans un des bâtiments où 3 de nos mages m’ont soigné difficilement
Ça ne m’étonne pas, la magie de guérison est extrêmement complexe, tout d’abord il ne s’agit pas de soigner par un glyphe qui remplace les tissus manquants, il y a des recherches en cours là-dessus mais ce n’est clairement pas au point
En fait la guérison consiste à accélérer le rétablissement du corps, en gros on fait en sorte que le corps fasse son boulot en 5 minutes au lieu de 5 mois, mais c’est compliqué car ça demande énormément de mana, de la finesse pour n’accélérer QUE la partie souhaitée, et de l’énergie de la part du patient, après tout, son corps fournit un boulot gigantesque, si on va trop vite, le blessé meurt d’épuisement, si on va trop lentement, il meurt de ses blessures
Donc tous les cas ne sont pas soignables en fonction du ratio gravité des blessures/ énergie du mourant et on ne supprime pas les cicatrices, beaucoup trop de mana pour de l’esthétique et dans le métier de soldat, on est sûr de se prendre de nouveaux coups, donc gommer une marque pour s’en prendre deux le lendemain…
Ensuite je suis resté 1 semaine dans les vapes, nourri au potage par Churt et des gardes volontaires
Je n’ai pas osé demander combien de fois j’avais souillé mes draps
Mon vice-colonel prend la parole
Rapport des pertes : environ 600 hommes, je m’attendais à plus
Nos gars sont en train d’enterrer les derniers cadavres
Ils ratissent également tous les bâtiments pour trouver d’éventuels fuyards
Les femmes et les enfants des montagnards ont visiblement été évacués avant l’attaque
Tant mieux je préfère autant ne pas avoir ce genre de responsabilité sur les épaules
Après la bataille nos hommes ont décidés de dresser le camp dans la base des montagnards
Et bonne nouvelle : les montagnards ont accumulé pas mal de richesses au cours de leurs pillages
- De quoi tenir le temps que la relève arrive
Mon vice-colonel prend un air gêné
- Et bien à ce propos…on a envoyé un courrier à l’état major situé en bordure des montagnes pour leurs signaler notre succès, comme le veut le protocole…quelques jours après nous avons reçu un message…la situation est complexe, ils ont envoyé un autre colonel pour vous remplacer
- Quoi ?
- Il est arrivé hier et a pris nos troupes en main, il vous expliquera sans doute mieux que moi
- Et moi alors ?
- Le mieux serait que vous en parliez avec lui, il a demandé à vous voir dès que vous serez en état
Je soupire
Je me doutais que ça arriverait mais bon
- J’irai le rejoindre après mon repas, Churt, qu’est-ce que tu foutais dans la bataille l’autre jour ? Et c’était quoi ce lancer de plateau sur le chef montagnard ?
- Cela faisait un moment que la bataille avait commencé monsieur, je suivais les soldats de loin et je m’inquiétais pour vous alors je suis passé par les toits, ne vous en faites pas, c’était au moment où vous étiez tous occupés à vous taper dessus sur la grande place, ensuite je suis passé d’un bâtiment à un autre pour ne pas me faire repérer et je vous ai vu vous battre
- Tu m’as repéré dans un champ de bataille ?
- Ce n’était pas très compliqué, les soldats formaient un cercle autour de vous
Je hausse un sourcil et regarde mon vice-colonel
- Vraiment ?
- Et bien nos troupes empêchaient les montagnards de venir aider leur chef et eux nous empêchaient de venir vous aider, en gros tout le combat tournait autour de vous, vous ne vous souvenez pas ?
- Non, je ne regardais pas vraiment autour de moi à ce moment là, bon allons voir ce colonel
- Arthuros, il s’appelle Arthuros

10 minutes plus tard

L’Arthuros en question est un homme, borgne, enfermé dans une armure en fer, arborant un plastron représentant une tête de loup, une épée à la ceinture accompagnée d’une longue dague
C’est le genre de mec que je verrais plus dans une arène ou au milieu d’une mêlée, d’autant qu’au lieu d’effectuer le salut militaire de rigueur, il m’accueille avec une gigantesque claque dans le dos, un pichet de vin, un sourire et un :
- Alors c’est toi qui as foutu une branlée aux bouseux des montagnes ? Bien joué mec !
La discussion s’engage dans une maison sobrement décorée et aménagée à la va-vite pour servir de QG
- Sans vouloir vous vexer, pourquoi le haut commandement a-t-il décidé de me remplacer ?
-Aucune foutue idée, j’étais en train de me les geler dans ces montagnes de merde avec mon armée de tapettes, et PAF je reçois un message comme quoi je dois me rendre ici et m’occuper de l’organisation, du coup je me retrouve à chapeauter votre armée en plus de la mienne, je ne vous raconte pas le surplus de paperasse…
- Jusqu'à quand va durer ce…remplacement ?
- Jusqu’au moment où le général envoyé par Ophasia arrivera je pense
Ouch dur, c’est rarement bon signe ça

4 jours plus tard

Il est finalement arrivé
Accompagné par quelques soldats d’élite, habillé avec l’armure des généraux d’Ophasia
Pendant ces 4 jours je me suis mêlé un max à mes hommes, tous me soutiennent, non seulement parce que je leur ai apporté la victoire, mais parce que je me suis battu à leurs côtés
Mes exploits sont criés et exagérés partout et commencent à faire le tour des montagnes
Hier encore j’ai entendu en passant devant la cantine, un soldat passablement éméché qui racontait à ses amis que je m’étais battu contre un colosse à 5 bras, crachant du feu et capable de tuer rien qu’avec son regard
Le général dit s’appeler Carrus, il est grand, maigre, cheveux longs et blancs, plutôt jeune pour un officier supérieur, le regard vaguement endormi, ennuyé mais c’est le genre de mec qui ne loupe pas un détail
A peine arrivé il a demandé à me voir et le voilà assis dans la maison que je me suis octroyée, buvant un verre de vin et me dévisageant
La flemme de tourner autour du pot
- Peut être pourriez-vous me dire pourquoi, alors que j’ai remporté une victoire, je me retrouve rétrogradé au rang de spectateur ?
- Vous voulez la liste entière ?
Il a prononcé cette phrase d’un air mi-amusé mi-fatigué
Je hoche la tête
- Pour commencer, désobéissance à un ordre formel et direct de ne pas vous mêler à la population, ensuite, irrespect envers l’uniforme Ophasien, dégradation de l’image de l’armée d’Ophasia, mise en danger des soldats d’Ophasia, non respect du matériel d’Ophasia, détournement des fonds d’Ophasia, refus d’obéir aux consignes données par les autorités et ce dans le but de lancer une attaque non approuvée par lesdites autorités. Les motifs de ces chefs d’accusation sont les suivants : avoir pris contact avec la population des montagne, avoir remplacé l’uniforme et le matériel d’Ophasia par un autre équipement payé de surcroît avec l’argent utilisé pour financer la paye de vos soldats, avoir confié des postes d’importance à de vulgaires chasseurs montagnards. Enfin tout ça quoi
-….ouais mais à part ça ?
- Et bien on peut toujours ajouter le fait que votre nomination au poste de colonel n’a pas été officiellement approuvée
Il me lance un sourire
Visiblement il s’amuse comme un petit fou
- Mais c’est injuste, j’ai quand même pris une ville montagnarde, personne n’a fait mieux dans toute l’armée d’Ophasia !
- Tu as fait beaucoup plus que ça
Son ton est devenu plus grave, plus sérieux
- Tu as tué le leader de la rébellion montagnarde et tu as pris leur centre de commandement, les guerriers restants sont désorganisés et démoralisés, leurs attaques sont de moins en moins efficaces, les populations locales nous voient maintenant comme des libérateurs et prennent les armes à nos côtés, collaborent, tu as en plus établi un contact avec un peuple qui refusait d’entretenir des rapports avec nous jusqu’ici, voilà ce que tu as fait exactement
- Alors, je vais m’en sortir ?
- Déjà tu évites la peine de mort, mais la situation reste complexe, à cause du livre d’Ophasia
Je lève les yeux au ciel
Ce satané bouquin est notre texte fondateur, il contient notre constitution, nos lois, les règles de conduite, de moral, et comment les institutions de l’état sont censées fonctionner, l’armée en fait partie
- Vois-tu, ce livre, c’est ce qui permet à la société de tourner droit
- Pardon ? Je ne pense pas que transgresser quelques lignes nous fasse sombrer dans le chaos
- Si justement, imagine qu’à cause d’un blanc-bec dans ton genre on soit obligé de modifier tout le chapitre concernant l’armée, que se passerait-t-il selon toi ?
- On perdrait moins d’hommes au combat ?
- Dans ce cas, certaines personnes mal intentionnées, des agents du seigneur des abysses peut-être, pourraient s’en servir pour mener une révolte. Après tout, si nos fondateurs se trompaient pour ce qui est des règles militaires, si on peut les modifier sans souci, du jour au lendemain, pourquoi on ne pourrait pas modifier les règles de conduite ? Les règles de morale ? Les lois sur l’imposition ? Les valeurs fondamentales ? Si on se permet ce genre d’écart ce serait l’anarchie, le conseil essaye de modifier certains articles, mais petit à petit, il faut que le livre garde un caractère sacré aux yeux du peuple, on a trop besoin de discipline, surtout en temps de guerre
Je baisse les yeux
Il n’a pas tout à fait tort
- Qu’est ce qu’il va advenir de moi ?
Il se laisse aller dans son siège, boit une gorgée de vin et reporte son attention sur moi
- On va t’éloigner quelques temps, histoire que l’affaire se tasse un peu, en attendant, je connais justement quelqu’un qui aurait besoin d’un mec dans ton genre
Je l’interroge du regard, ça le fait marrer de faire monter la pression
- L’archimage, à la cité arcanique d’Ophasia
Putain !
Il me fait une blague là ?
La cité arcanique se trouve dans la citadelle grise d’Ophasia, l’examen pour y entrer est très sélectif, c’est une sorte d’université pour les mages, j’ai failli le réussir mais il fallait des connaissances pointues et comme je n’ai pas révisé…vous pouvez être le mec le plus intelligent du monde, il est impossible de deviner la date à laquelle Tratus a créé le sort de fusion élémentale, à moins d’avoir révisé avant bien sûr
L’archimage quant à lui, c’est celui qui gère cette académie ainsi que tout ce qui touche à la magie dans Ophasia et ses alentours
Bien sûr il rend des comptes à Dunesia, une ville, ou plutôt une forteresse dans laquelle sont regroupés tous les mages les plus prestigieux d’Ophasiii et des régions alentours et où seuls les maîtres de la magie peuvent espérer avoir une place
Mais à part ça c’est un des types les plus puissants de cette terre
- L’archimage a besoin de moi ? Pourquoi ?
- Il te le dira quand tu le verras
- Vous me faites tous chier à me sortir cette phrase, c’est si marrant que ça de me faire poireauter ?
- Oui, et puis il y aussi le fait que je n’en sache rien, mais peu importe, tu dois rentrer à Ophasia dès que possible
Il me tend un papier, pose son verre et se lève
Il s’arrête sur le pas de la porte se retourne et me lance un regard ironique
- Au fait, c’est vrai que ce chef montagnard avait 4 bras et crachait du feu ?
- Pfiou et encore, on a dû oublier de vous dire qu’il était entouré d’une armée de dragons
Nous rions ensemble, et il quitte finalement ma maison pour régler d’autres affaires avec Arthuros
C’est toujours comme ça les récits de bataille, on veut rendre l’histoire intéressante donc on exagère toujours tout
Un gars dit à son pote « le guerrier était impressionnant » du coup le pote se l’imagine très grand et quand il racontera l’histoire à son tour ça donnera « le guerrier était un géant redoutable » et ainsi de suite, l’alcool n’aidant pas vraiment les choses
On a en permanence des légendes
Par exemple, il y a 2 mois j’ai entendu dire que le capitaine Draektar avait abattu un ogre des montagnes avec une petite cuillère
Mon attention se reporte vers le papier que le général m’a donné
Une convocation qui me permettra de rentrer dans la cité arcanique
Je la range soigneusement et commence à faire mon paquetage

1 heure plus tard

Vient le temps des adieux
Je décide de faire ça de manière formelle et conformément au protocole, en gros je salue les officiers de mon armée et je me barre
Comme un voleur
Je laisse le commandement à un général sadique et à un officier alcoolique
Les pauvres
Churt m’accompagne ainsi qu’une escorte
Je ne voulais pas que le majordome vienne avec moi mais j’ai fini par céder

1 semaine plus tard

Nous avons galopé comme des fous pour le chemin du retour
Les chevaux sont crevés, nos fesses sont dures et douloureuses mais nous sommes arrivés en un temps record
Malgré tout je ne me rendrai à la cité arcanique que demain
En attendant je montre la maison à Churt qui se met d’office au ménage
Un petit appartement dans les quartiers dits « moyens » surtout occupés par les fonctionnaires et les sous-offs dans mon genre

Le lendemain

La cité arcanique bien qu’à l’intérieur de la citadelle grise dispose de son propre mur d’enceinte et de ses propres tours de défense
Pour rentrer il faut passer une porte très bien défendue subir un contrôle d’identité éprouvant par sa lenteur et traverser un couloir d’apparence anodine mais bourré de pièges magiques en tout genre
Et vous voilà dans la cité arcanique, en premier lieu les quartiers d’habitation dressés en cercle autour des bâtiments dans lesquelles ont lieu les cours universitaires, eux-mêmes entourant la tour de l’archimage qui loge au dernier étage de celle-ci
En dessous il y a diverses salles de réunions, des bureaux, une bibliothèque et des salles d’expériences
Sympa quoi
Arrivé à la tour je montre ma convocation avec un air désinvolte même si au fond je suis excité comme un taureau en rut
Je vais voir l’archimage en personne !
On me fait poireauter bien sûr, c’est au bout d’une demi-heure seulement qu’on me laisse entrer dans le portail de transfert
Pas besoin d’escalier avec ces trucs, on se retrouve directement au bon endroit
Mais vu leur prix et les connaissances nécessaires pour les fabriquer on n’en trouve que dans des grandes institutions magiques
J’arrive dans un bureau rempli de gravures, tableaux et statues d’un goût douteux
L’archimage en lui-même est extrêmement décevant, un homme petit, dégarni et suant de partout
Il me jette un regard malgré tout assez doux et m’invite à m’asseoir
- Du vin ?
- Non merci, depuis ma blessure je ne dois pas boire ou manger des choses trop agressives, par contre je veux bien de l’eau chaude pour mon infusion d’ellycine
L’ellycine est une plante qui permet de restaurer le mana de manière naturelle et sur le long terme
Si les herbes fortifiantes contiennent en elles-mêmes du mana elles ont des répercussions fortes sur le corps, l’ellycine permet au corps de récupérer par lui-même
En gros les herbes fortifiantes c’est pour les situations d’urgence
Il m’amène une tasse fumante et déjà aromatisée
Il peut sembler étrange de se faire servir par l’archimage mais à Ophasiii les règles de savoir-vivre s’appliquent pour tous et il serait malpoli de la part de l’invité d’insister pour passer outre
J’avale une gorgée et attend qu’il pose son verre
- Alors, si j’en crois votre dossier vous avez brillamment passé l’examen de l’école des officiers d’Ophasia
- Tout à fait
- Ensuite vous avez été muté chez les patrouilleurs pour une durée de 3 mois, l’escouade du capitaine Sheyne, c’est bien ça ?
Il feuillette mon dossier en parlant, sans me regarder
- Exactement
- Celui-ci vous décrit, je cite, comme « un gamin braillard, fatigant, coincé du cul et un peu idiot mais malgré tout capable d’allumer un feu sans briquet et amadou et ça c’est quand même pratique »
- …
Il sourit
- Les rapports du capitaine Sheyne sont toujours un plaisir pour les yeux, avez-vous beaucoup appris chez les patrouilleurs ?
- Plus en 3 mois que durant les 5 années passées à l’école des officiers monsieur
Il sourit de nouveau
- Puis une mutation dans les montagnes du Sud, d’après le compte-rendu qui m’est arrivé par oiseau voyageur avant-hier, vous vous en êtes bien sorti malgré votre insubordination
Je ne sais pas quoi dire
Dans le doute j’y vais au culot, ça marche très souvent
- Malgré où grâce ?
Je regrette aussitôt d’avoir dit ça mais il se marre
- Qui sait ? Enfin le fait est que les montagnards sont pacifiés, la méthode n’est pas du goût de tout le monde au conseil mais c’est un bon résultat, et moi j’aime les résultats, ils importent beaucoup en temps de guerre
Je commence à respirer
- Alors ? Que me vaut d’être convoqué ici ?
Il prend une inspiration et son visage devient songeur
- Que savez-vous des nécromanciens ?
- Ils utilisent des cadavres pour des expériences et jouent avec la mort, c’est à peu près tout
Il hoche la tête
- Ils sont de plus en plus présents et ont des liens avec le seigneur des abysses, ne le répétez pas, mais ils sont extrêmement nombreux et très bien implantés dans la société Ophasienne, les baronnies, les princes de provinces, certains officiers de l’armée et je les suspecte même d’avoir infiltré le conseil
Cette révélation ne me surprend pas mais me fait l’effet d’un coup de fouet
- Et pire que tout, nous n’avons aucun moyen de les combattre, nos mages de guerre sont au front mais même si ils étaient là, ils seraient incapables de mener de telles opérations de contre-espionnage, quant aux patrouilleurs ils sont très efficaces mais ils ne sont pas préparés à combattre des mages aussi dangereux
Un tilt résonne dans ma tête
Je le vois venir
Je prends la parole
- Donc vous auriez besoin d’un mage, d’un officier connaissant les techniques des patrouilleurs, capable de mener une troupe d’hommes, mais qui également ait fait suffisamment de conneries pour qu’il soit écarté du système militaire sans que ça soulève trop de questions parmi les membres du conseil, et je suppose que si je regarde qui a demandé mon affectation parmi les patrouilleurs et chez les montagnards, j’y trouverais la signature d’un certain archimage qui attendait patiemment que je tombe en disgrâce pour m’embarquer dans ses plans
Il sourit de plus en plus
- Et en plus il est perspicace, mais comme je vous l’ai dit, seul le résultat a de l’importance, alors ? Un job pour lequel vous auriez les mains libres, vous choisiriez vos hommes et où vous n’obéiriez qu’à moi vous intéresse-t-il ? Ai-je oublié de mentionner le salaire et le logement de fonction ?
Cette fois c’est moi qui souris
- D’accord


Présent


Un chic type cet archimage, ce fut un plaisir de bosser pour lui
Même si aujourd’hui on se retrouve dans deux camps opposés j’ai toujours de l’affection pour lui
Je lis de la fatigue sur votre visage, allez vous coucher, nous reprendrons ça demain



Fait comme JCVD et deviens un mage :hap:
:mac:


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