Note de la fic : Non notée

Le retour au Paradis d'Alexander Minervae


Par : Adonis-Shibo
Genre : Fantastique
Statut : C'est compliqué



Chapitre 1


Publié le 23/07/2014 à 15:30:55 par Adonis-Shibo

[c][i]Prologue: Varofiel et Alexander[/i][/c]

[u]Danemark, Sønderborg, Vendredi 6 Juin 2098, 1h00[/u]


Je me suis toujours demandé ce qui se passerait si on me donnait la chance de voyager dans le temps. Pas pour voyager dans le futur, voir jusqu'où l'humanité sera arrivée dans 500 ans. Pas pour aller dans le passé, voir les pyramides, les châteaux, tout ça. Non, juste... revenir en arrière dans ma vie. Juste pouvoir changer un ou deux détails. Corriger des erreurs. Revivre des bons moments, dont on n'aurait pas profité. Avouer à certaines personnes ce qu'on aurait du leur dire plus tôt. Comprendre que certaines fois, il ne fallait pas réfléchir, et juste faire ce qui devait être fait. Si on me donnait la chance de faire quoi que ce soit, est-ce que je la prendrais?

"-Alex, ça va? demanda Pia."

J'avais la tête qui tournait. Apparemment, j'étais loin d'être sorti de l'ivresse. Pia était déjà dans le bar, avec les autres. Hanne et Charlotte étaient parties.

"-Tu viens? demanda Pia."

Je pouvais les rejoindre, oui. Rejoindre toutes les personnes à qui j'avais essayé de plaire, ces trois dernières années. Mais à présent, combien étaient-ils à connaître mon nom? La moitié? Et encore... Cela me mit mal à l'aise. C'était comme si je n'avais rien fait d'utile. Ils étaient si nombreux, dans ce bar. C'était plutôt effrayant... Tout était confus dans mon esprit. L'alcool, encore.

"-Tu viens Alexander? demanda une autre voix."

Skjold.

"-Je... J'en ai pas envie, là.
-Quoi? s'écria Pia. Mais tu vas pas rester là tout seul!
-Si, si! T'inquiète pas!
-Mais c'est ta mère qui vient nous chercher, rétorqua-t-elle. On va pas te faire attendre trois heures!
-Je vais vous attendre, c'est bon.
-T'en es sûr? demanda Skjold."

Qu'est ce qu'ils avaient, à s'inquiéter pour moi? Comme si j'allais me sentir mieux dans le bar. C'était bondé. Je détestais ce genre d'endroit, un regroupement étouffant de corps qui semblaient liés dans la stupidité une fois en foule.

"-Ouais, parfaitement. Je vais juste faire un tour."

Pia me regarda dans les yeux, inquiète. Skjold se retourna, dubitatif. Ils n'avaient pas besoin de s'inquiéter, j'allais toujours mieux, quand j'étais seul. D'ailleurs, j'avais besoin d'être seul, je pense. Sans dire un mot, je partis vers la colline. C'était tout juste à deux cents mètres. Le bar était situé sur le port de notre petite ville. Pour retourner sur la colline, il fallait longer la promenade. C'était une longue rue, sans virage, qui s'étendait sur la moitié du port, longée par la mer. Aucune barrière ne séparait le trottoir de l'océan, si bien que n'importe qui d'un peu trop gris pouvait tomber à la renverse. Dans la nuit, l'obscurité du ciel nuageux semblait se confondre avec celle de la Mer Baltique. Ici, on était sur la partie insulaire, sur l'île d'Als. La mer nous entourait. Comme une bulle noire, sobre et douce, qui nous protégeait du monde extérieur. Plus je m'éloignais du bar, plus je voyais des terminales, au bord de l'eau. Certains étaient en train de vomir. Heureusement que je n'étais pas le pire. C'est alors que je la vis approcher. Erate. Elle avait l'air sobre, elle. Je m'apprêtais à lui sourire au moment où nous nous croisâmes. Elle ne m'accorda pas un regard. Évidemment. C'était le passé, ça.

Je quittai la route, pour me retrouver dans le noir. C'était la troisième fois que je prenais cette route. Mais cette fois, je ne descendais pas, je montais. J'avais toujours préféré aller vers le haut que vers le bas. Cela avait sans doute une valeur symbolique pour moi. Voir quelque chose nous dominer, puis le gravir pas à pas, pour se retrouver soi-même au sommet. Alors que j'escaladais la colline, je me rendais compte du vide. Pas de lycéen, sobres ou non, pas de lumières. Le noir total. Et j'étais seul. Je sentais le vent sur mon visage. C'était plutôt agréable. Une caresse et une berceuse. Et je montais, je montais, alors que je sentais que je reprenais mes esprits. Arrivé au sommet, je contemplais la scène. Là où on avait fait la fête, les trois dernières heures, il ne restait plus rien. J'étais vraiment seul. S'il y avait un abruti en train de comater quelque part, je ne pouvais même pas le trouver. Peu importe, je n'avais jamais été un bon samaritain de toutes manières.

Vous auriez écrit une histoire sur ma personne que je n'aurais même pas pu en être le héros, tellement le sort d'un inconnu pouvait me laisser de marbre.

Fatigué, je décidai de m'asseoir sur le premier banc qui venait. Il était sec, ce qui était plutôt rare à cette heure. C'était le moment de faire le point, non? Apparemment oui, parce que je me mis à parler anglais, de mon plus bel accent, qui n'était utilisé que pour mes monologues d'ivrognes. Ca m'aidait à me concentrer, je suppose. J'étais là, seul, sur ce banc, en pleine nuit, pendant que tous les autres faisaient la fête. Le ciel était incrusté de diamants, épargné par les nuages et la pluie. Du haut de la colline, je pouvais apercevoir le port, éclairé par des lueurs rougeâtres au rabais. Toute la promenade était enveloppé de cette lumière, donnant l'impression que chacun des lycéens brûlait dans une fournaise, et que tel un empereur cruel, je les admirais dans l'ombre, témoin de la mascarade à laquelle ils se livraient, et dont je pouvais être le meneur.

Alexander Minervae. C'était le nom le plus débile qu'on aurait pu me faire porter. Nommé en l'honneur du conquérant. Sentant que je perdais l'équilibre, je m'allongeai sur le banc, avant d'éclater de rire. Au final, je n'avais pas du tout dégrisé. C'était dur de s'allonger. J'avais toujours la tête qui tournait. Finalement, je fermai les yeux. J'avais besoin de me reposer. Je devais mettre de l'ordre dans ma tête.

C'est alors qu'une femme s'approcha. Je ne l'avais jamais vu. J'essayais de faire un geste, mais rien. C'est alors que je me rendis compte que j'avais les yeux fermés. C'était un rêve? J'avais vraiment trop bu alors. Quoi qu'il en soit, la femme s'approcha, et m'adressa la parole.

"-Tu es dans un sale état, Alexander.
-Excusez-moi, il ne me semble pas que vous soyez... quelqu'un de ma connaissance...
-Tu es fidèle à mes observations, comme toujours, hypocrite et mielleux, un lèche-botte pour quiconque a une ou deux relations.
-Euh...
-Peu importe, après tout. Mais je parle trop, et tu m'as posé une question. Mon nom est Varofiel.
-C'est français, ça, non?
-Non, pas du tout, si ça peut te rassurer. Mais mon nom n'a pas d'importance. Je suis venue te proposer un marché. Je te propose... une seconde chance."

Je restais silencieux, plutôt effrayé par la situation. La femme n'était pas moche, loin de là. Elle était habillée d'une longue robe noire, cachant tout son corps de ses pieds à son cou. Elle avait des cheveux noirs de jais, courts, qui accentuaient un air sec et tranchant. Mais elle dégageait une certaine aura, qui vous déstabilisait. Mal à l'aise, je me mis à sourire, pour cacher mon malaise. C'était presque devenu un réflexe.

"-Si tu acceptes, ton esprit reviendra en arrière. Une semaine avant ton entrée en seconde. C'est comme si tu avais voyagé dans le temps. Ton esprit actuel intégrera ton corps de l'époque, et tu auras toute l'expérience nécessaire pour refaire tes choix. "

J'écarquillai les yeux. C'était de la folie, cette offre. Et, après une seconde de réflexion, tellement intéressant! J'en oubliais presque que ce n'était qu'un rêve.

"-Mais cela signifie que tu perdrais toutes tes relations avec les gens que tu connais. Notamment avec Pia.
-Je suis prêt, répondis-je sans hésiter, amusé par ce rêve. J'accepte."

Varofiel se mit à sourire.

"-Parfait."

****

J'ouvris les yeux. Quel rêve étrange. Déjà, j'avais pas la gueule de bois, ce qui était un bon début. C'est alors que quelque chose m'interpella. C'était pas le banc. C'était pas ma chambre non plus. Enfin, si, justement, c'était la mienne... avant les travaux. Travaux qu'on avait fait en première. Je commençais vraiment à stresser. Je me levais, tout me semblait trop grand. Non, c'était impossible. Je me dirigeai vers la salle de bain, juste à côté de ma chambre, et me regardai dans le miroir. Des cheveux longs et gras. Des boutons sur tout le visage. Mon pyjama bleu. Un immonde duvet au dessus de ma bouche. Des bras maigres et frêles. Je me retins de pousser un cri de joie. C'était pas un rêve. J'étais de retour en seconde.


J'allais recommencer les plus belles années de ma vie.


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