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Quand Viendra l'An Mille après l'An Mille (Vae Victis)


Par : Conan
Genre : Action, Réaliste
Statut : C'est compliqué



Chapitre 1


Publié le 18/10/2013 à 11:12:07 par Conan

[u]PARTIE 1 : PAUL BERNAC[/u]



'' 1961 : crise de la Baie des Cochons. Échec Américain. Plusieurs membres des forces spéciales US tués lors de l'opération. Installation effective des missiles nucléaires à Cuba.

1962 : Bouclier antimissiles Américain renforcé. Trois commissaires politiques Soviétiques tués au Vietnam par des parachutistes Américains lors d'une opération dans un village au nord du pays.

1963 : Assassinat du président JFK. Lee Harvey Oswald, suspecté d'être un partisan de la Russie Communiste, est accusé d'avoir commis le meurtre à l'aide d'un fusil de manufacture Soviétique. Le nouveau président US est un fervent militant du réarmement du bloc capitaliste face au bloc communiste.

1967 : Nouvelle tentative Américaine d'attaque sur Cuba. Raids Aériens sur la Havane, plusieurs soldats Castristes et Russes tués. L'URSS renforce son aide militaire envers Cuba et menace l'Occident de représailles. L’Europe de l'Ouest renforce ses défenses face à l'Est. Les Partis Communistes Européens sont accusés de soutenir Moscou via la Perestroïka et sont dissous par les gouvernements de l'OTAN sous peine de haute trahison.

1972 : La Russie renforce son aide militaire au Vietnam. Une cargaison d'armes est capturée par l'armée Américaine à destination du Vietcong et est saisie. La Russie souligne l'illégalité de l'action commise en eaux internationales. Dans le même temps, accrochages à Berlin entre deux patrouilles de soldats de l'OTAN et du Pacte de Varsovie. La rixe dégénère et fait plusieurs blessés. Escalade de menaces et de sanctions à l'ONU entre les deux Blocs.

1974 : Deux ambassadeurs Américains accusés d'espionnage sont capturés à Moscou. Les USA exigent leur libération. Renforcement des lois anticommunistes à l'Ouest.

1975 : Les deux Américains sont condamnés à la prison à vie. Représailles Américaines sur Cuba. Trois avions de chasse Américains abattus. Fidel Castro est assassiné par la CIA. Les États-Unis quittent Saigon et laissent le Vietnam aux mains des forces communistes.

Avril 1976 : Raid de partisans Cubains en Floride. Plusieurs sénateurs Américains tués lors d'un attentat à la bombe.

Mai 1976 :Débarquement Américain sur les côtes de Cuba. L'URSS somme les États-Unis de cesser toute opération militaire. En Europe, arrêt total des discussions entre les deux blocs devenus totalement hermétiques l'un envers l'autre.

12 juin 1976 : La Russie envoie une flotte au large de Cuba et lance un ultimatum aux États-Unis. Les USA somment l'URSS de quitter la zone sous 48 heures.

14 juin 1976 : Deux navires Russes sont touchés par des missiles de croisière. Le premier est gravement endommagé tandis que le second est envoyé par le fond. En représailles, l'armée rouge lance une offensive sur les troupes Américaines à Cuba et causent de nombreuses pertes.

15 juin 1976 : Les USA et l'URSS entrent officiellement en guerre. Mobilisation générale en Europe, renforcement des frontières. Nombreuses manifestations antiguerre en France, sévèrement réprimées.

Août 1976 : Un missile à longue portée Soviétique touche New York, causant de nombreuses victimes civiles. Les USA accusent l'URSS d'avoir utilisé une arme nucléaire. Le Kremlin dément. Les USA ripostent en détruisant l'arsenal Soviétique situé à Cuba.

11 septembre 1976 : Saint-Pétersbourg est touchée par un missile nucléaire tiré depuis une base Américaine en Angleterre, les estimations parlent d'un million de morts. Plusieurs gardes-frontières de l'OTAN sont tués par des soldats Russes en Allemagne. Scènes de guérilla urbaine à Berlin. La France, la RFA et l'Angleterre entrent à leur tour en guerre.

13 septembre 1976 : A 13h00, plusieurs armes atomiques sont tirées simultanément sur Londres, Washington et Los Angeles. A 13h30, riposte nucléaire Américaine sur Moscou.

14 septembre 1976 : Les estimations des morts en Russie, en Angleterre et aux USA liées aux attaque nucléaires de la veille s'élèvent à 25 millions de morts. A 07h00, le contact avec les dirigeants Américains est perdu. Les troupes du Pacte de Varsovie envahissent l'Allemagne. Repli des troupes de l'OTAN sur la frontière franco-Allemande. Les armées Soviétiques sont stoppées à huit kilomètres de la France.

15 septembre 1976 : Les capitales Américaine, Russe et Anglaise sont officiellement détruites dans leur totalité. Installation d'un nouveau gouvernement Soviétique à Varsovie. Retombées radioactives sur les côtes Est et Ouest des USA, l'Ouest de la Russie et sur une large partie de l'Angleterre.

16 septembre 1976 : Le nuage radioactif Anglais atteint les côtes Normandes et se dirige vers Paris. Les États-Unis sont encore immobilisés. Les troupes Soviétiques préparent leur installation en Allemagne de l'Ouest. La défense le long de la frontière Française se renforce.

Octobre 1976 : L’Angleterre se retire du conflit. Les USA retirent leurs troupes d'Europe pour renforcer l'Alaska menacée par une invasion Soviétique. Création de la Coalition Européenne de Défense regroupant la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, le Benelux, le Danemark, un reliquat de l'Allemagne Fédérale et dirigée depuis Paris pour la lutte contre l'invasion Soviétique en Europe de l'Ouest. L’Alaska est envahie par les troupes Soviétiques. Mise en place en Occident de gouvernements militaires. Nationalisation de toutes les usines encore en état de marche pour servir l'effort de guerre.

19 novembre 1976 : Offensive Russe sur les troupes positionnées en Allemagne. Enfoncement du front sur cinq kilomètres.

20 novembre 1976 : L'attaque Soviétique est stoppée à trois kilomètres de la frontière Française. Coup d'arrêt de l'offensive Russe et première victoire de la CED.

30 novembre 1976 : Contre-offensive de la CED. Plusieurs centaines de tués, reprise d'une partie de l'Allemagne.

2 Décembre 1976 : La percée jusqu'à Berlin est stoppée par les troupes de l'URSS. Retraite de la CED. Lourdes pertes des deux cotés.

15 Décembre 1976 : Un tir de missile nucléaire indéterminé frappe la ligne de front Européenne. Plusieurs centaines de milliers de morts des deux cotés. Les deux camps s'accusent mutuellement. Les USA ne peuvent plus assurer l'aide logistique aux pays Européens.

Janvier-avril 1977 : Violents combats entre les deux blocs en Europe et aux USA. Des gaz chimiques et des bombes au phosphore sont utilisés sur le champ de bataille. Les États-Unis parviennent à reprendre l'Alaska au prix de lourdes pertes. Une arme nucléaire touche Chicago. Représailles atomiques sur la ville de Varsovie.

12 avril 1977 Un cessez-le-feu est négocié entre les deux blocs. Installation d'importantes défenses le long des frontières Européennes. Mise en place d'une guerre de positions.

13 avril 1977 : Début d'une « Drôle de guerre » qui durera 17 ans.

12 janvier 1994 : Tentative d'intrusion soviétique dans les lignes Françaises sur le front Alsacien.''


Voilà. Il doit y avoir sur cette feuille sale et déformée à peu près tous les événements, par ordre chronologique, qui ont mené à la situation actuelle. Trois mois qu'il se repasse le film dans sa tête. Trois mois à écumer livres d'histoire, journaux hors d'âge et cassettes audio, pour parvenir à dresser cette liste. Cela ne fait aucun doute : Paul Bernac peut être fier de lui, et de son travail. Lui qui, pendant des années, se demandait ''pourquoi ?''. Pourquoi ? Pourquoi les hommes s'entretuent ? Pourquoi toute cette misère ? Pourquoi ce chaos ? Maintenant que l'ouvrage est achevé, il peut cesser de se poser cette question qui revient inlassablement sur toutes les lèvres.

Le front posé contre ses deux mains aux ongles noirs et à la peau cornée, il se redresse lentement du dessus de la table en bois sur laquelle il était penché, au dessus de sa liste maudite. En soufflant, il rouvre les yeux sur sa petite cuisine. En face de lui, le vieux robinet en plomb goutte, et ses perles d'eau résonnent à chaque fois qu'elle tombent dans un son froid et lugubre. Ce même goutte-à-goutte, des années durant. Ces mêmes clapotements tranquilles qui vont bon train, quels que soient les événements, quelle que soit la situation, quel que soit le désespoir de Paul. Ce pauvre robinet se moque bien de tout cela. Il ne fait que goutter, comme un gosse dont la morve perle sans qu'il n'en soit nullement gêné, se contentant de renifler rapidement de temps à autres avant de retourner à ses jeux, comme si de rien n'était. Si seulement tout cela était aussi simple pour ces fous d'hommes. Pas de jeu, et pas de reniflement. Paul pose ses mains à plat sur la table et se redresse en s'aidant d'une petite impulsion des bras. Le bruit que font ses brodequins sur le carrelage alors qu'il avance vers la gazinière sale et rouillée recouvre le bruit des gouttes d'eau.

Il se saisit d'un épais gant et ouvre la porte du four en train de chauffer. A l'intérieur, le lapin embroché au dessus d'un lit de pommes de terre cuit bon train. Paul la referme et, tout en retirant son gant, se retourne et marche vers une porte-fenêtre en bois blanc, donnant une très belle vue sur le fleuve qui court au fond de la vallée, à seulement quelques mètres des fondations de la maison, entouré de hauteurs verdoyantes. D'ici, on ne voit pas le ciel, masqué par les arbres touffus et les chênes perchés en haut des collines qui protègent l'intimité de l'endroit. ''Pour vivre heureux, vivons cachés'' se plaisait à dire l'arrière-grand mère, du temps ou elle habitait encore la maison. Son crédo ne fut jamais aussi vrai que pendant l'occupation Allemande. Il est aujourd'hui, en cette grise et froide matinée d'avril 1994, encore d'actualité pour se parer de tous les rôdeurs, les bandits ou les animaux qui vivent dans les parages. En fait, la dernière fois que Paul a vu un être humain, c'était il y a trois ans, lorsqu'en surveillant ses lignes, il a repêché le corps bleu et gonflé d'un noyé. Et avec les récents événements, la population se fera plus rare encore. Les mains enfouies dans les poches de son gilet de laine, il observe le ciel silencieusement, y plongeant ses yeux de la même couleur que les inquiétants nuages qui menacent son habitation. En se concentrant bien, il pourrait presque sentir l'odeur des gaz chimiques qui avancent vers sa zone. Quarante-huit heures, selon ses estimations. Trente six dans le pire des cas.

Enfin, le pire, se dit-il, ou bien le meilleur. L'attaque chimique d'hier pourrait bien être enfin l'occasion d'en finir avec cette vie sans but. Un être humain dont tout le monde ignore l'existence est-il seulement vivant ?


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