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Genre : No-Fake
Statut : C'est compliqué



Chapitre 595 : Bienvenue chez nous


Publié le 08/07/2014 à 11:38:17 par Sheyne

Il m'arrive quelquefois d'avoir quelques moments de divagations, et de m'imaginer comment pourrait être la pire des sociétés. Et je pousse souvent cet exercice à m'en faire peur...
Aujourd'hui, je vous en dépeins une de mon imagination, vous êtes tous en droit de vous en inspirer pour vos récits préapocalyptiques !

Imaginez une société dans laquelle tout le peuple est cloisonné par tranche d'âges. Une société où l'on limite au maximum la mixité, afin d'isoler, de manipuler, et de conditionner plus facilement l'ensemble de la population, et cela dès le berceau en toute légalité.
Ainsi, un prix du logement si élevé aurait cours, qu'aucune famille de plus de 8 personnes ne pourrait vivre ensemble en un même endroit.
Un service dirigé par l'état lui-même prendrait en charge les enfants, et les séparerait en plusieurs groupes. Les moins de trois ans ensemble dans un enclos, de 3 à 6 pareils, 6 à 12, puis de 12 à 18 dans un nouvel enclos, et ce, presque jusqu'à 25 ans. Tranche d'âge après tranche d'âge l'on passerait de prison en prison tout en étant éduqué à apprendre et à ne pas réfléchir. Passé 25 ans et enfin sortit du joug de l'état, les moins de 30 ans auraient une certaine facilité à s'immiscer dans la société, car bien dressés. Ceux de 40 déjà un peu plus mature malgré leurs réflexions bridées auraient plus de mal et seraient surveillés du coin de l'oeil par leurs congénères. Enfin à 50 ans, plus personne ne voudrait d'eux, car pas assez productifs.

Les hommes et femmes agés détenteurs de la sagesse, ayant au fil des années acquis une large connaissance, n'échapperaient pas à la règle. Les « seniors » seraient isolés dans une chambre, dans un petit appartement. Nul ne s’intéresserait à eux. Ainsi enfermées dans des boites et isolés du reste de la population pour cause leur « improductivité », ils ne pourraient communiquer avec les autres, classés dans les autres enclos, ce serait bien trop dangereux, les uns pouvant avoir une influence sur les autres.

Dans cette société, un tel culte du commerce de la richesse ainsi que de la réussite matérielle aurait cours qu'aucun développement moral ne serait encouragé. Le reste de la population restant alors aussi enfantine que capricieuse ( tant par le manque de modèles sages dans leur entourage, que par cette poussée frénétique à la productivité ) s'évertuerait à tourner en rond, en achetant sans cesse de nouveaux jouets, sans jamais voir l'avenir avec lucidité, tout entière soumise au bon vouloir d'une élite supérieure profitant dans l'ombre.

Insouciante et cloisonnée, la population se détournerait de la vie en communauté, préférant par aise l'égoïsme de l'individualisme. Le travail obligatoire n'aurait alors pour eux plus aucun intérêt du bien commun. Tant et si bien que ces boulots seraient accomplis avec un dédain et bâclés par avarice de temps personnel supplémentaire.

Il pourrait en résulter quelques anecdotes amusantes. On aurait ainsi une foule de service de l'ordre public circulant paisiblement en vélo aux quatre coins de la ville. Ils préféreraient se balader tranquillement avec leurs insignes plutôt que de rester dans le commissariat pour assurer les fonctions administratives. Ainsi, pour un simple dépôt de plainte, nous devrions parfois attendre cinq heures sur place, sinon revenir le lendemain, puis le surlendemain, en espérant que le seul obligé en fonction ait le temps de nous aider. Il y aurait simplement plus de caissiers au supermarché que de policiers dans le commissariat.
De même, un accidenté appelant une ambulance aurait le temps de se faire livrer une pizza et d'en manger la moitié avant même l'arrivée des secours.

Parlons du niveau relationnel maintenant. Ce culte de la personne isolerait les gens, entravant les rencontres pourtant si formatrices et ô combien nécessaires à la reproduction ! Ainsi, un commerce de rencontres aurait lieu, monnayant cela même qui est un droit pour chaque personne que de vivre en communauté et fonder une famille.

Toujours enfantins, des cours de récréation pour adultes proposeraient de passer de la musique et de vendre hors de prix un liquide abrutissant les sens. Cette boisson serait à l'image de la société : l'apanage de l'inhumain. Ainsi, elle permettrait momentanément à un adulte de redevenir mentalement un enfant avant même son conditionnement, voir un bébé en cas d'abus. Sous l'emprise du liquide, il pourrait danser sans contrainte et parler à tout le monde, se libérer... pour quelques instants, sortir de sa bulle. ( Ou bien s'étaler dans un coin, pleurer, et vomir comme un bébé s'il en prend trop. ) Forcement, cette liberté, cette innocence soudaine seraient cause de dépendance, et les gens reviendraient à nouveau dans ces cours de récréation pour oublier leurs soucis, pour ne plus penser que tout va mal. Abrutis, ils ne pourraient alors plus penser par eux-mêmes.

Parfois, quelques personnes voient que tout est mal. Alors en désespoir de cause, elles tentent soit d'oublier par cette divine boisson ( ou pire ), soit de changer les choses.
C'est pour cette dernière raison bien connue que l'état à mis en place, il y a de cela bien des siècles, un groupuscule annexe, une secte aux proportions effrayantes affirmant détenir LA grande solution et la connaissance d'un dieu suprême, supérieur à l'état.
Bien souvent, les gens perdus tombent dans le piège, pense changer l'avenir en cherchant dans la direction de cette spiritualité, et bien tôt les voila prisonniers, plus englués que jamais dans la société, à clamer par dépit l'existence d'un sauveur qui est enfaite une pure création de leurs propres geôliers.

Dès lors, dans cette pire des sociétés, nous ne serions que des bêtes captives, pensant être conscientes de leur libre arbitre. Nous ne serions plus des êtres humains. Le seul moment où l'on pourrait considérer un être humain comme tel, c'est quand il serait libéré de la prison de la société. Quand la société n'en voudrait plus. Quand la société dit qu'il est fou. Alors là seulement, il est libre... Libre dans une nouvelle boite, dans un appartement frais et duveteux d'où les rayons du soleil ne nous gênent plus. Toujours plus captif que jamais.

Bienvenue chez nous.





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