Note de la fic : Non notée

La Penséedeo du jour


Par : Aradied, RedSky, edwado, Loiseau, Arbu, naon, Cuse, snake-of-fire, Conan, Gregor, Nemesisvsjill, Tigrou, VonDaklage, Droran, GreenStatik, Remedy, hui, Sheyne, Nirvana, Salmanzare, MotherFakeur, Bionus, PoulpeDeNoel
Genre : No-Fake
Statut : C'est compliqué



Chapitre 557


Publié le 24/03/2013 à 02:08:38 par Droran

Salut. Ça va ? Ouais bref on s'en branle. C'est moi qui écrit la pensédéo les mecs, et ça, c'est quand même la classe.

Pourquoi ? Pourquoi c'est la classe, oses-tu demander, toi, oui toi là-bas, la petite gourgandine assise au fond de la classe, calée contre le radiateur?

Quand tu auras fini tes histrioneries et que tu liras avec attention ce que je vomis depuis déjà 293 caractères, je vais te dire en quoi c'est la classe.

Ça y est ? T'es dedans ? Ok.

La pensédéo, c'est la classe parce que, quand le péquin lambda ira sur noelfic, site qui lui aura chaudement été recommandé par ses amis érudits mais pas trop, il tombera dessus. Sur MON vomi.

Je sais. Ça choque.

Ça fait déjà 107 mots que je raconte n'importe quoi, et je pourrais continuer comme ça pendant encore au moins presque autant. Mais je ne vais pas faire ça, grande âme que je suis.

Je ne vais pas non plus te parler de mes problèmes d'alcool dont tu te fous certainement éperdument, ni de ma fascination pour les armes à feu, de mon obsession sexuelle ou encore de comment je sais faire des pompes en claquant dans mes mains.

Je vais juste poster un texte que j'ai pondu y'a deux ans, quand j'en avais dix-sept, écrit entre une envie de suicide et une envie de meurtre. Allez, régale-toi, va !



La Lucidité.

La lucidité. C'est généralement le nom qu'on donne au truc qui fait qu'on se rend subitement compte de la réalité. La lucidité, c'est une moche qui se réveille un beau jour et qui se rend compte qu'a 25 ans, elle est toujours pucelle parce que hideuse et tarte. La lucidité, c'est un prolétaire de 50 balais qui se regarde dans la glace et qui d'un coup se rend compte qu'il touche 1000€ net par mois, que sa femme s'est tirée avec les gosses, le clebs et une pension bien grasse et qu'il n'a plus un poil sur le caillou. Bref, qu'il se rend compte qu'il a raté sa vie. Qu'il est un raté dans toute sa splendeur. Et la réalité, c'est que 95% des Français sont des ratés, confirmés ou en devenir.

Moi, je suis dans la deuxième catégorie. Mes amis sont des hooligans pleins de bière qui vont se retrouver au trou avant l'âge de 30 ans pour la moitié d'entre eux. Et le pire, c'est que je les aime quand même. Ratage social : check.
Je fais peur, parce que j'ai une sale gueule, de sales manières, un sale style. Donc j'ai pas de gonzesse, CQFD. Ratage sentimental : check.

Si l'on considère que la vie c'est un grand désert avec un gouffre au beau milieu, moi je suis juste au bord du trou , et j'y jette quelques coups d'œil furtifs et curieux, me demandant si j'oserai le saut de l'ange. De toutes manières, que je saute ou pas, je serai tantôt entrainé par les dizaines de mains de mes proches qui ont déjà franchi le pas, et qui m'agripperont pour m'entrainer vers le vide infini, avec pas grand monde qui me tire de l'autre coté pour tenter d'équilibrer la balance.

Cet amer constat, je l'ai fait cet après-midi, en pleine rue. Je marche vers la salle de musculation, tranquille, regardant les gens, bidouillant mon portable, et là, PAF, un gros coup de lucidité en pleine gueule. Faut dire, je couvais une déprime depuis quelques temps, il suffit de regarder mes historiques pornos pour se donner une idée du vilain virus qui me guettait en souriant d'un air goguenard.

Ce connard de virus s'est planté devant moi en riant comme un violeur qui donne une sucette à un gosse. Plus moyen de me tirer, j'étais cuit comme le poulet en caoutchouc du repas de lundi soir. Il m'a choppé par le colbac et m'a secoué comme un prunier en me vomissant un liquide acide en pleine gueule. "Regarde-toi, pauvre merde! Qu'est-ce qu'il y a dans ta vie? Une gonzesse? Non! Du fric? Non! Un idéal? Non! Des illusions artificielles qui te permettent de tenir encore debout? Même plus! Tout ce que t'as, c'est l'angoisse d'être recalé de l'armée, tes couilles et tes petites haltères pour bosser tes petits bras et te faire croire que t'es costaud! Autrement dit : rien! Tu veux un conseil d'ami? JETTE-TOI SOUS UN BUS!" Et il s'est barré en me chiant une merde bien gelée et bien collante sur les godasses.

Quand on se fait tacler par la lucidité, y'a pas trente six mille solutions pour se relever. Soit on accepte sa situation et on se jure de changer, soit on se ment, ce qui au final revient exactement au même. Alors je suis allé au sport, fatigué quand même par ma rencontre avec mon moi version salopard, et j'ai poussé de la fonte aussi lourde que je pouvais, en imaginant candidement que ça me permettrait de chier à la gueule de la lucidité. Pas folle la guêpe, lutter contre la lucidité, c'est impossible. Elle te rattrape toujours pour te maraver et cracher sur ta dépouille.

La lucidité, soit t'essayes de la fuir ou de la combattre en pensant la semer ou la terrasser, ce qui est le cas pour 75% des gens, soit tu vis très bien avec parce que tout va bien dans ta vie (ou tu crois sincèrement que tout va bien) comme 9,6% des gens, soit tu t'abandonnes à ton virus, tu le laisse te ratatiner la gueule et tu finis par te foutre en l'air comme 5,4% des gens.
Moi, en attendant de me coller une balle ou de me prélasser dans une béatitude aussi artificielle qu'absurde, je fais partie des 75% qui essayent de fuir ou de combattre la réalité. Ouais j'avoue, c'est lâche. Mais bon, sait-on jamais, peut-être qu'un jour tout ira mieux (je sais, mentir c'est mal).

Conan



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